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Afrobeats : le rayonnement de la culture africaine par la musique

Écrit par Rahila Rahimou A

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Posté le 22 décembre 2019

Comment l’Afrobeats a conquis le monde ?

L’afrobeats, qu’il ne faut pas confondre avec l’afrobeat, créé par Fela à la fin des années 1960) lequel évoluant à travers les décennies, a donné naissance à l’afrobeats au début des années 2000. 

Une évolution musicale africaine qui s’appuie sur des rythmiques Nigérianes et Ghanéennes, des influences hip-hop, R’n’B, généreusement saupoudrées d’Auto-Tune. Elle s’est imposée sur la scène musicale internationale avec par exemple le UK Afrobeats Festival de Londres spécialisé dans la promotion du genre. On parle désormais d’afropop, d’afrotrap et autres déclinaisons du genre, comme courants musicaux dérivés de l’afrobeats,

naissance de l'afrobeats et de la musique africaine moderne

"Les Nigérians ont su mixer toutes les influences de l'afro-pop: le soukous congolais, le coupé-décalé ivoirien, le highlife ghanéen, le dancehall jamaïcain...", explique à l'AFP Hugo Claveau, auteur du documentaire "Afrobeats, from Nigeria to the world" (produit par TRACE TV).

"L’afrobeats a conquis les dancefloors du monde entier"

Les artistes comme Wizkid, Davido, Mr.Eazi et Burna Boy, cette nouvelle génération d’artiste décomplexée, fière de son africanité, entreprenante et exigeante a aidé à l’ascension de ce courant musical devenu très populaire en France

Mais si l’afrobeats a conquis les dancefloors du monde entier, c’est aussi simplement parce que ce genre musical est efficace. « Quand j’écoute le titre “Despacito”, je ne sais absolument pas de quoi le chanteur me parle… et pourtant j’ai envie de danser, sourit Phil Choi chez Boomplay. L’afrobeats, c’est pareil, c’est une musique qui s’adresse directement à tes pieds, à ton corps. Quelle que soit ta nationalité, le beat s’empare de toi ! »

Pour en savoir plus sur l’afrobeats

 

African Giant, véritable ode à l’Afrique et à sa diaspora.

Alors que 2019 tire sa révérence mais peut-on parlé d'Afrobeats ou de musique contemporaine sans faire un focus sur le phénomène Burna Boy ? I Think not* Damini Ebunoluwa Ogulu alias Burna Boy est natif de Port-Hacourt, mégalopole du sud du Nigeria. Dès son plus jeune âge, Burna a baigné dans le monde de la musique. Son père joue en boucle des albums de dancehall et de reggae à la maison, tandis que son grand-père, Benson Idonije, est connu pour avoir été le premier manager du grand Fela Kuti qui était un musicien, compositeur et un activiste des droits de l’homme. Il qui deviendra plus tard l’inspiration numéro une de Burna.

 

Il vient de sortir son 4ème album «African Giant» en juillet dernier et il décrit sa musique comme de «l’afro fusion», une formule qui mélange les musiques traditionnelles nigérianes avec d’autres registres musicaux.  Une infusion d’afrobeats, de reggae/dancehall en passant par le R&B, le rap.

Pour la réalisation de son album, il est parti à la rencontre d’artistes issus des quatre coins du monde : Future, YG et Jeremih pour les États-Unis, Jorja Smith pour le Royaume-Uni, M.anifest pour le Ghana, Serani et Damian Marley pour la Jamaïque.

 

Burna, un artiste engagé

Plutôt que l’électronique, Burna préfère opter pour l’organique - le saxophone et le gbedu, un instrument traditionnel de percussion utilisé pendant les cérémonies yoruba que l’on retrouve sur un titre comme «Gbona». Il mélange l’anglais et le yoruba (l’une des langues les plus parlées au sud-ouest du Nigeria et du Bénin).     

La musique de Burna Boy est aussi le fruit de productions ultra léchées du faramineux P2J et de son acolyte Kel-P           

À travers sa musique Il aborde des sujets socio-politiques, comme dans la chanson "Wetin Man Go Do I"où il traite des luttes dans les quartiers défavorisés du Nigéria ou dans "Collateral Damage", une chanson sur la corruption en Afrique ou encore les galères de la jeunesse dans son hit ‘’Ye’’.

Récemment, il s’est fendu de plusieurs tweets pour dénoncer les violences xénophobes subies par des Nigérians en Afrique du Sud, au nom de l’unité africaine.

 

"Avec ma musique, je veux mettre en lumière les choses qui doivent bouger"

 

 Dans le morceau Another Story, il rappelle un épisode de l’histoire coloniale du Nigéria. Il croque aussi son compatriote milliardaire Aliko Dangote, homme le plus riche d’Afrique. «Je voulais que les gens comprennent que Dangote n’a rien d’un héros. C’est l’homme le plus riche d’Afrique et il continue de se lever tous les matins pour aller au boulot. Nous autres ne devrions pas nous trouver des excuses. Tout le monde parle du Nigéria comme si c’était une niche d’hyper riches. Au final, ça reste un pays en voie de développement. Avec ma musique, je veux mettre en lumière les choses qui doivent bouger.»

Il a un tempérament bouillonnant, militant pour la fierté d’être africain. Il s’est récemment emporté contre les organisateurs du festival de Coachella, en Californie, qui avaient écrit son nom trop petit sur l’affiche : « Je suis un géant africain et je ne serai pas réduit à la petite taille de cette écriture. »

 

Un symbole puissant pour le panafricanisme moderne

« Ce n’est pas une question d’ego, précise Bose Ogulu. Mon fils voulait souligner que l’Afrique regorge d’artistes, de sportifs ou encore de scientifiques excellents qui n’ont pas la chance d’être mis en avant juste parce que leur continent n’est pas en position de force. Heureusement les choses commencent à changer. »

La popularité de l’afrobeats bénéficie certainement de la renaissance actuelle de la conscience noire et de l'augmentation du succès commercial et interculturel du contenu noir : Black Panther , Girls Trip , Get Out, etc. Les médias sociaux ont brouillé les frontières, et les communautés connectées à travers la diaspora. L’ afrobeats est un symbole puissant pour le panafricanisme moderne, une bande originale pour la diaspora africaine. 

 

Appréciez Burna Boy jouer en live "Gbona", "Wetin Man Go Do", "Dangote" et "Ye" chez NPR Music pour le Tiny Desk Concert :

 

En réalité, cette scène atypique est le bureau de Bob Boilen, musicien et journaliste à la National Public Radio (Washington) et accessoirement, créateur du Tiny Desk Concert. Depuis maintenant plus de dix ans, l’émission est devenue une référence dans le milieu musical, de grands et de plus petits artistes de tout genre confondus y participent. Elle a plus de 700 performances à son compteur et 3,28 M d’abonnées à sa chaîne YouTube.

 

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* J'en doute
Ecrit par Benjamin Trouillet, chargé de missions RSE chez Maibujé

Source de l'image de couverture, et crédits : https://www.youtube.com/watch?v=bqBBEZf1Sjc

 

 

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