La plus grande Réserve Naturelle d'Afrique est menacée par l'Industrie Pétrolière

 




Des nouvelles environnementales d'Afrique cette semaine avec Maibujé. La Réserve Naturelle Nationale de Termit et Tin-Toumma est mise en danger par des accords passés sur l’exploitation pétrolière. Un accord passé il y a dix ans entre le Gouvernement du Niger la China National Petroleum Corporation a rendu nécessaire le déplacement des frontières du Parc RNNTT. C’est un grand danger pour l’environnement, car le Parc représente un enjeu écologique et environnemental immense de préservation de la faune et de la flore locale. 



La plus grande réserve d’Afrique 


La Réserve Nationale de Termit et Tin-Toumma est située dans l’Est du Niger, et recouvre plus de 97 000 km2. Il comporte notamment des vallées et des oueds dont la préservation détermine la survie de certaines espèces endémiques. Les zones humides également, comme les mares intra-montagneuses, sont des points emblématiques de protection des habitats naturels. L’écosystème fragile de la flore et de la faune du désert dépendent de sa gestion par les autorités compétentes. Avec les régions du Manga et de l’Eguey, et la Réserve de Faune de Ouadi-Rimé, la RNTTT forme un couloir écologique naturel permettant la survie de plusieurs espèces menacées d’extinction. 

 

 

niger nature addax

 

 

Une Flore et une Faune à Protéger 


La Réserve RNTT est un lieu de vie d’exception pour une grande communauté d’animaux  : des mammifères comme la gazelle dama, le guépard saharien, le mouflon à manchette ou l’antilope addax  (Addax Nasomaculatus). Les reptiles comme la Centrochelys Sulcata ou tortue sillonnée, et les oiseaux comme des vautours et l’outarde de Nubie et outarde arabe. Enfin, les antilopes addax sont dépendantes des couloirs de migrations allant vers le Tchad et vers la Réserve Naturelle Nationale de l’Aïr et du Ténéré. Quant à la flore, elle constitue une ressource importante en nourriture et en ombrage pour la saison chaude. Acacias et Salvadora Persica sont des étapes de repos et de fraîcheur indispensables à la survie dans le désert. La faune et la flore présents dans la RNTTT forment un écosystème d’espèces sympatriques dont il est crucial de préserver le lieu de vie unique au monde. 

 

nature désert niger Réserve

 

Un patrimoine humain tout aussi important 


La zone sahélo-saharienne est un carrefour de cultures et de langues, que sillonnent depuis des siècles les populations nomades. Touaregs, Toubous, Arabes, Peuls ou Haoussas ont encore un mode de vie préservée et un patrimoine vivant. C’est pour la préservation de ce patrimoine contre le tourisme de masse ou les intérêts des compagnies pétrolières, qu’à été créée la Réserve de Termit et Tin-Toumma en 2012. 



Des enjeux contradictoires pour le Niger

Le Problème réside dans les différentes parties mises en cause. D’un côté, le Plan d’Aménagement, de Gestion et de Conservation de la Réserve (PAGC), qui contient des mesures pour la conservations des espèces. Ensuite, un Projet soutenu par l’Union Européenne et l’AFD (Agence Française du Développement) de gestion d’aires protégées au Niger et au Tchad. Enfin, l’association française Noé qui est chargée depuis bientôt un an de la préservation de la Réserve.  De l’Autre Côté, un contrat passé avec la société China National Petroleum Corporation (CNPC) il y a dix ans. D’après ce contrat, la frontière de la Réserve Naturelle de Termit et Tin-Toumma sera déplacée pour permettre de développer le projet pétrolier chinois. Suite à cette annonce, une pétition a été lancée par les Jeunes Volontaires pour l’Environnement, une ONG nigérienne qui a recueilli plus de 40 000 signatures.


Une situation compromise pour la Réserve

La situation est donc compromise pour la Réserve, car comme on le sait l’exploitation pétrolière met gravement en danger l’équilibre de l’environnement. C’est d’ailleurs ce que confirme la pétition de la JVE, qui estime que le projet est une menace pour l’écosystème et le patrimoine de la zone. L’association Noé, en charge de la gestion du projet de la Réserve, table sur les négociations et les compromis à venir. La réponse d’Almoustapha Garba, ministre nigérien de l’Environnement et du Développement durable du Niger, est toutefois nuancée. « La réserve n'a pas été abandonnée, les limites ont juste été revues de manière à respecter cet engagement antérieur de ne pas prendre des mesures particulières sur l'espace qui a été concédé en termes d'exploration. »

 

Vous aussi, signez la pétition : 

pétition niger réserve

 

Des Négociations pour préserver l'Addax


Pour Noé, la cohabitation entre la Réserve et l’exploitation pétrolière est possible, à condition qu’elle soit sérieusement encadrée. C’est l’antilope addax, espèce endémique, qu’il faut à tout prix protéger, et c’est d’ailleurs de là qu’était parti le projet. En effet, l’addax est menacée d’extinction imminente. Avec le déplacement des limites de la Réserve, les braconniers risquent de revenir et de mettre en danger les animaux du désert. Un suivi écologique et une intégration des forestiers de la Réserve dans le personnel de sécurité de la société chinoise ont également été proposés. Le gouvernement du Niger, quant à lui, estime qu’il est nécessaire de mettre en place un cahier des charges, afin d’encadrer les actions de la CNPC. 

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