Le vintage comme avant-garde de la Slow Fashion | ZEU P x MAIBUJÉ

Nafooré Gaye est tombé dans la fripe quand il était petit. Dès son enfance à Dakar, ça a été un coup de foudre. Il a pris les années 1970 comme une inspiration, et la seconde main comme un défi d’avenir. Aujourd’hui, il a fondé Zeu P, avec un P comme Prolétariat, pour réinventer l’inclusion par la mode. Inclusion, car tout le monde a droit d’avoir son style, sa créativité, mais aussi durabilité. Durabilité, car la fripe, c’est l’avenir du vêtement durable. Choisir la pièce de collection, la matière noble et de qualité, les pépites qui font le coup de coeur. Un manteau en cuir, un patte d’eph comme celui que portait Naf à dix-sept ans, du tweed ou une belle laine, l’objectif est d’avoir des pièces à la fois uniques et durables.

backstage Zeu p x Maibujé_collaboration_afro_vintage_friperie nomade

Zeu P, c’est une friperie nomade et un concept d’avenir. En véritable professionnel de la perle rare, il propose des fripes à prix démocratique : entre 5 et 50 euros la pièce. Chaque pièce est belle, de qualité, choisie avec soin, et en plus elle est abordable, prolétarisée.

Zeu P et Maibujé, nos valeurs se rejoignent. Nous lançons une collab ce mois-ci, sur le thème des années 70. Pour Maibujé, Nafooré a préparé une sélection de pièces uniques et indémodables. Il nous présente son message rempli d’espoir pour une mode plus consciente.

Comment tu choisis une pièce de collection ? Y-a t’il une méthode pour chercher des pièces vintage ?

C’est une méthode qu’on a depuis quatre ou cinq ans, chez nous c’est presque devenu un automatisme. Une pièce est chinée d’abord parce qu’elle correspond à une code, à une ancienneté. Ce sont des pièces vintage qui ont au moins vingt ans, pour les plus récentes. Une fois qu’on voit qu’elle est vraiment vintage - on va le vérifier par différentes manières soit par l’étiquette, soit sa fabrication est différente de ce qu’on a d’aujourd’hui sur le marché- on va pouvoir connaître son histoire. Ensuite le deuxième critère, après l’ancienneté, c’est les matières. Toutes les pièces ne sont pas forcément fabriquées avec des matières durables et de qualité. Puis, il y a la coupe du vêtement : souvent on va trouver des coupes originales qui vont plaire au client. Enfin, notre dernier critère va être la fonctionnalité. Donc on a ces quatre critères : l’ancienneté, la matière, la coupe, et la fonctionnalité.

Réinventer la fripe va faire beaucoup de bien à l’industrie de la mode. On a plus les mêmes codes, la même perception de la fripe. ça devient un truc écolo ?

Plutôt que de la fripe, j’ai plutôt l’habitude de dire que je fais du vintage. Mais pour moi c’est un peu le futur. Que ce soit la fripe, que ce soit le mobilier ou que ce soit les objets, c’est le futur de notre survie, en termes de consommation et de recyclage.

Je m’inscris dans la re-industry.C’est tout ce côté re-cyclage, ré-cupération,ré-paration. L’idée c’est de vraiment partir de quelque chose d’existant, et de lui donner une autre vie. Car ces pièces ont le droit à une autre vie, elles ont droit à être corrigées, réparées, restaurées. D’autant plus que ce sont des matériaux de qualité : pour la plupart d’entre elles les matériaux qui sont faits pour durer très longtemps. Je les réinvente en les dénichant, en étant sûr qu’ils me plaisent.

C’était des vêtements qui n’étaient plus au diapason, qui étaient plus au goût du jour, et on essaie de les rendre modernes, nonobstant le fait qu’ils soient anciens. On profite aussi de la vibe, parce que la fripe est redevenue à la mode. Pas seulement pour pour des raisons écologiques, mais aussi d’un point de vue esthétique, d’un point de vue stylistique. La fripe est redevenue à la mode, ça peut se voir un peu partout. Dans la rue par exemple les gens s’habillentpasmalavecdespiècesvintage.Mixésavecd’autresquisontmoinsvintage, mais c’est perceptible sur le marché, il y aussi de plus en plus de boutiques comme ça. Ce qu’on a réinventé c’est de la rendre aussi accessible.

Le mode de distribution nomade, ça te met en décalage par rapport aux autres boutiques de mode. du coup le client va associer l’achat d’un vêtement à des lieux inhabituels par rapport à ce qu’il a l’habitude de faire ? C’est quoi l’expérience Zeu P ?

Pour l’instant, effectivement, on est nomade, et ça c’était voulu dès le départ. ne pas avoir d’emplacement fixe. A un moment donné, j’avais une boutique dans le marais pour six mois. Après, on a repris l’itinérance. On aime bien ce côté mobile, où on peut nous trouver dans un endroit pendant une journée, et à un autre endroit pour quelques jours. Après, on disparaît. C’était l’expérience voulue pouraller vers les gens. Notre but c’était de ne pas attendre que les gens viennent à nous, mais d’aller à eux. D’où le côté événementiel : on fait des salons, comme Who’s Next en début d’année, ou bien des festivals comme ceux de cet été.

Notre expérience va aussi être en ligne. Nous sommes actuellement en train de bosser sur le e-shop, et il y a tout le paramètre de l’expérience utilisateur, de l’ergonomie, sur lesquels on est en train de travailler, pour rendre cette expérience-là agréable. Vu qu’on est dans la seconde main, c’est très important de penser la manière de présenter le produit, de permettre que le futur client se projette sur la pièce, sur sa taille, sur sa coupe, sur comment c’est fait, sachant que ce sont toutes despièces uniques. On n’a pas cinq ou six tailles de modèles : les modèles que j’ai, c’est les seuls que j’aie qui soit comme ça. Ce sont des pièces totalement uniques. Et puis les références des tailles dans le vintage c’est pas les mêmes références de taille qu’aujourd’hui. Notre principale problématique, c’est de refléter la réalité de la pièce.

Tu fais participer tes clients, tu leur donne les moyens de s’approprier ta pièce..

J’ai pas mal misé sur l’interactivité, avec les clients. Par exemple, pour le shooting de la collaboration qu’on fait avec Maibujé, les mannequins qui sont venus, c’est à 90% tous des clients. Il y a aussi des liens qui sont tissés avec des clients, une proximité. Souvent

c’est des clients réguliers, qui trouvent le concept bien, qui trouvent les prix accessibles. L’idée c’est qu’à chaque fois qu’ils viennent, on les prend en photo, sur chaque pièce qu’ils achètent. Parfois on propose du stylisme qui va avec la pièce qu’ils ont acheté. C’est devenu un automatisme : tu prends une pièce, tu l’achètes, et après tu passe à la page photo pour les réseaux sociaux. Les gens se prêtent au jeu, il y en a très peu qui ne veulent pas se faire prendre en photo. C’est comme ça que les liens se tissent : il y en a qui m’achètent des pièces, et je me rappelle directement quelles pièces il a pris avant. Certains sont assez surpris qu’on s’en rappelle si bien, même un ou deux ans après l’achat : on connaît bien nos pièces.

Quel a été le moment où tu t’es dit : ça y est, je vais faire Zeu P, une friperie nomade ?

A la base, on s’appelait fripiz, comme fripes easy, c’était le nom dans les débuts. Je me suis rendu compte que le nom correspondait moins au projet, ça nous enfermait dans la fripe, alors que l’idée c’était de proposer tout une expérience, et pas seulement les vêtements. L’idée de Zeu P, c’est de nous élargir au mobilier, aux objets de décoration, dans le même esprit de recyclage, de récupération, de restauration.

Mais avant tout, le déclic, c’est que j’ai toujours été fan de fringues vintage. A un moment donné, en tant que consommateur, j’en avais trop, et ça correspondait aussi à une remise en question de mes modes de consommation. Donc j’ai voulu me débarrasser de pas mal de fringues que je ne portais plus, et que je ne trouvais pas forcément nécessaires d’accumuler dans sa garde robe. J’ai fait un événement Facebook en décembre 2014, je n’ai invité que mes contacts. Il y avait aussi une amie qui avait un restaurant qui venait d’ouvrir, et m’a proposé de faire ma vente là-bas. On a donc fait l’événement, on a mis l’adresse, rue des petites écuries dans le dixième, et les gens sont venus. Et ça a été le déclic, je me suis rendu compte que les fringues que j’avais on avait déjà super bien vendu. Et ça me passionnait, je kiffait ça, je me suis dit que c’était une bonne idée d’en faire mon métier.

Tes principales inspirations et tes modèles ?

Mon modèle, ce ne serait pas une personne, ce serait vraiment une période. Je suis très inspiré par les années 1970. La mode des années 70, l’architecture des années 70, l’art des années 70, la musique, c’est quelque chose que je consomme au quotidien, c’est quasiment que ça que je consomme, et c’est vraiment une période qui m’inspire. Et c’est pas une personne ou un mouvement, il faut que ça soit vraiment cette décennie, je suis vraiment obsédé par cette période. J’ai une sélection de pièces des années soixante-dix, qui sont également visible dans la collection qu’on a fait avec Maibujé, elle vient de ces années.

Pour toi, quel est le sens de la collab’ avec Maibujé ?

Avec Maibujé, c’était un peu une évidence. Rahila m’a contacté, et m’a fait part de sa volonté de faire une collab’ avec nous. Quand j’ai vu tout le positionnement, toute l’approche que Maibujé a concernant la mode éco-responsable, tout ce côté “conscient”, disons qu’on partage un peu les mêmes valeurs. J’aime bien discuter des valeurs que portent les gens avec qui je fais une collab. Rahila m’a expliqué le fondement, l’existence de Maibujé, et on partageait pas mal de valeurs. Le fait que Maibujé soit un peu plus ethnique, et que moi je sois de la seconde main, ça n’empêchait pas de faire cette collab, et au contraire c’était complètement cohérent pour moi. Je suis dans le recyclage, la réutilisation, la récupération, la réparation. Son mode est analogue au mien, même si les méthodes sont différents. Maibujé va travailler avec des artisans, qui sont basé dans toute l’Afrique. Le fait qu’il faut mieux utiliser les ressources était dans ses critères de sélection. Et pour qu’elle veuille bosser avec nous, c’est qu’elle a senti qu’on était dans ce mood. Elle a choisi de collaborer avec une friperie, et pas n’importe laquelle, car d’autres n’ont pas ce positionnement. Le pourquoi de l’existence de Zeu P, c’est d’abord de proposer une alternative à l a consommation, à la fast fashion, au luxe. C’est pour ça qu’on existe. Le fondement de base, les valeurs, on les partage avec Maibujé. Notre positionnement, c’est de travailler avec le coeur, et l’approche de Maibujé me parlait beaucoup.

La seconde main, le vintage, c’est dans une logique de durabilité..

Toutes les pièces qu’on a c’est des pièces durables. Pourquoi durables ? Parce que ce sont des pièces qui ont été faites de base pour durer. Aujourd’hui malheureusement la mode c’est devenu éphémère, c’est de la mode à jeter. On achète une pièce pour la porter deux, trois ou quatre mois, puis c’est oublié. La fast fashion vous vend sept à neuf collections par an, ce que je trouve démesuré par rapport aux quatre saisons qu’on a. On est passé à une mode où rien de dure : on doit changer la télé, le smartphone, et tous nos objets chaque année parce qu’un nouveau modèle est sorti. Les marques se débrouillent pour rendre obsolètes certains produits, et on est obligé d’acheter le modèle suivant. Ma question est donc la suivante : jusqu’où ira cette consommation ? Quand es-ce que ça va s’arrêter, cette frénésie ?

D’où l’idée de choisir des pièces vintage, et c’est déjà pour nous une grosse position politique. De dire que si je porte du vintage, derrière il y a un vrai message. Pour moi, s’il y a un objet durable pour la mode, c’est vraiment le vêtement vintage. On a pas besoin de parler à sa place : ce sont des vêtements qui ont quarante ou cinquante ans d’ancienneté, et qui sont intacts, donc elle a fait ses preuves de qualité. La pièce est là, et il y a eu peut-être quinze personnes qui l’ont porté et elle a voyagé peut-être dans trois continents, elle a été dans un tiroir, et après on l’a sorti, ça s’est retrouvé chez un de mes fournisseurs, et moi je l’ai chiné, le client est venu l’acheter, et peut-être que dans six mois ou un an il voudra le revendre. C’est une pièce qui varester dans le temps.

Le tissu que tu préfères, une matière à laquelle tu est très sensible ?

J’aime bien les tweeds, le tartan, j’aime bien tout ce qui est laine aussi, surtout en hiver. On a pas mal de produits en laine, que ce soient des manteaux ou des pulls. Pour le cuir, je commence à avoir une sélection de cuirs, et j’en porte même au moment où je te parle. Mais j’aime beaucoup le tweed.

Pour toi, le Sénégal, c’est lié à quelles sensations, quels souvenirs ?

Je te dirais l’odeur de la seconde main, car au Sénégal j’en portais déjà, de la seconde main. Au Sénégal on appelle ça seug djeay- en wolof. J’en portais déjà au Sénégal, quand j’étais plus jeune. Disons que j’étais même un peu un marginal pour ça, car ça a pas forcément bonne côte là bas, même si l’image commence à changer maintenant. Et j’en portait parce que je sais qu’à 17 ans déjà je kiffais ça. Je mettais des pattes d’eph quand j’étais au Sénégal, et c’est des pièces que je trouvais dans les marchés, par terre, avec des vêtements au sol, comme ça, avec un prix à l’époque équivalent à un euro là-bas, donc c’était très abordable pour moi. Il y avait cette odeur de la seconde main, que j’aimais bien, je ne sais pas d’où elle venait, mais elle m’a marqué. Cette odeur là, je la retrouve parfois chez mes grossistes et mes fournisseurs, et ça me rappelle pas mal l’époque où j’en portais, parce que j’avais pas beaucoup de sous et que j’adorais les styles rétros.

J’avais seize ou dix sept dans, j’étais déjà dans la contre culture, car c’était pas les vêtements que les jeunes de mon âge mettaient. C’était pas les vêtements que quelqu’un mettait pour se valoriser, parce que c’était de la seconde main. La seconde main là-bas elle est un peu associée aux prolétaires, ou aux très pauvres, mais moi je m’en foutais. J’ai un peu gardé ce côté rebelle jusqu’à maintenant, sauf que maintenant ici c’est à la mode, c’est cool, on a l’air stylé. Il y a une époque même moi quand j’en mettais ce n’étais pas du tout à la mode. Il y a quinze ans en Afrique la seconde main c’était vraiment pas vraiment un truc stylé. Mais je n’ai jamais été drivépar la masse, j’ai jamais été dans le mainstream, j’ai toujours eu mes propres envies, sans pour autant faire “du différent pour être différent”. La seconde main,j’étais sensible à ça et c’est ce qui me plaisait. C’est une partie de mon identité, et c’est justement cette odeur de la seconde main qui me rappelle pas mal de souvenirs.

Une musique pour nous inspirer aujourd’hui ?

everybody loves the sunshine - roy ayers 1970

Pourquoi Prolétariat ?

Le mot Prolétaire, je l’ai réinventé, si je peux me permettre de le dire ainsi. Au départ étymologiquement, le prolétariat dans sa définition marxiste c’était classe sociale opposée aux bourgeois, définie comme étant le substrat de la société. C’était le mot employé par la bourgeoisie pour définir celui qui ne compte que ses ressources physiques pour gagner sa vie. C’était la définition originale, et qui peut aussi être d’actualité.

Aujourd’hui, dans le prolétariat j’inclus plein de personnes qui ne se seraient pas définies ainsi. Le prolétaire pour moi ce n’est pas ce cliché, d’un petit ouvrier qui n’est pas éduqué. On a toujours cette définition du prolétaire qui est un peu cliché, qui parle de quelqu’un qui n’as pas forcément de qualification. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui : en France il y a plein de prolétaires qui ont des diplômes, qui sont éduqués. Il ne sont pas dans des chantiers ou dans une usine, mais ça peut être un médecin, mais qui ne compte que sur lui, sur sa capacité physique et intellectuelle pour gagner sa vie. Du moment pour moi qu’on est

pas rentier ou qu’on n’emploie pas forcément quelqu’un pour gagner sa vie, on pourrait faire partie du prolétariat. Sauf que la définition que j’en fais est beaucoup plus life style. C’est plus une méthode de consommation, un moyen de consommer, et surtout de la conscience sur tout ce qui nous entoure. Le prolétaire ne va pas dépenser très cher pour s’habiller, c’est dans son éthique. Non pas parce qu’il n’en a pas les moyens, mais parce que par principe, il ne va pas acheter du Balenciaga. C’est anti-prolo pour moi. Les marques de luxe sont anti prolo comme H & M c’est anti-prolo. Le prolétariat, c’est l’homme ou la femme qui est conscient des problématiques actuelles, qui est politisé, qui s’intéresse à la vie en cité. C’est la personne qui va s’intéresser à laprovenance des produits, que ce soit les produits alimentaires ou vestimentaires, comment c’est fabriqué. C’est peut-être une prise de tête pour beaucoup, mais il y a de la patience de Il y a de la démarche derrière. Sur tout ce qui peut être consommé ou acheté. Donc le maître mot du prolo c’est la conscience.

Si tu avais un conseil à donner aux jeunes ?

Le conseil de base que je donnerais souvent, c’est be yourself, n’acceptes pas qu’on fixe les règles pour toi, qu’on te dise “ça, il faut le mettre ou ne pas le mettre, ça c’est un fashion faux-pas”.Moi j’ai l’habitude de dire fuck à tout ça. On vit dans un carcan, on est dépendants de la société pour beaucoup de choses. A un moment donné il faut s’affranchir de tout ça, c’est ce que je pourrais dire aux gens, si on me demande conseil, c’est “define your own rules”, définis tes propres règles, ton propre lifestyle. C’est pas parce que tout le monde ait ça, que tu es dans un système où tout le monde trouve ça normal, que c’est normal. C’est important de prendre du recul, et juger par soi même la portée et la pertinence des actions. Le principal message c’est “affranchis toi des règles”. ça peut s’élargit à pas seulement les vêtements, mais aussi tout ce qui concerne notre vie en société. Bien sûr qu’il faut rester dans les lois du pays dans lequel tu vis, je ne demande pas aux gens d’être hors la loi, mais je pense que du moment où on est pas hors la loi, mais tout ce que tu veux faire et qui te passe dans la tête, fais le. Tu peux t’affranchir des règles pour tout ton lifestyle.

Un dernier message que tu voudrais faire passer ?

Le message que je voulais passer, et qu’il faut comprendre, c’est qu’on n’est pas drivé par la thune : ça va plus loin que ça. Nous ce qu’on fait derrière ça a du sens, et je pense que c’est important pour chacun de se poser la question : “es-ce que ce que j’ai fait a du sens ?”. Peu importe dans quel domaine tu bosses, si c’est dans la technologie, la mode ou l’industrie.. peu importe. Je suis très attiré par les choses qui ont un impact. Pour le monde, pour la société : avoir un impact c’est ce que moi j’appelle le progrès. La mode c’est bien, mais ça ne doit pas être un besoin primaire au delà du manger, du boire, etc. Nous ce qu’on fait derrière, c’est une révolution. à notre toute petite échelle. Si on touche une personne, ça veut dire que ce que je fais ça a du sens. Peu importe ce que tu fais, dans la mode ou autre part, je suis très attiré par les choses qui ont un impact. C’est ce que j’appelle des progrès. D’accord je vends des fringues, mais je vais jamais dire aux gens achetez, achetez. D’abord se demander si on en a besoin, et ensuite s’il y a besoin, à quel prix. Il y a aussi toute cette notion d’anti-capitalisme que j’ai mis en avant. On combat ce côté addictif de la consommation, cette injonction de consommer des choses dont on n’a pas besoin. Nous prônons le lifestylequi dit de vivre avec le juste nécessaire.

C’est la Slow Life, prenons le temps de nous connaître, de faire les choses doucement, de manger slow, parce que la vie n’est pas une course contre la montre.

Il y a des gens qui sont pressés tout le temps, qui ne prennent pas le temps de prendre conscience. Et c’est ça qui a été le déclic pour moi : j’étais consultant en ressources humaines, j’ai bossé à a Défense, et j’ai quitté tout ce milieu là, car il ne me correspondait pas. Et je pense que c’est important que les gens puissent choisir ce qu’ils font, qu’ils ne bossent pas par contrainte. Beaucoup n’ont pas le choix, pour payer le loyer, pour manger ou pour boire, mais ça ne leur plait pas vraiment. Il y a un moment où il faut, comme je le disais, s’affranchir des règles. Il faudrait être en mesure, à la limite, de créer son métier. Mon métier, je l’ai créé de A à Z, je l’ai fait avec ma manière et ma méthode, et c’est ce que je voulais faire. Bien sûr que c’est à petite échelle, mais si ya plein de monde qui me suivent, ça veut dire que ça se démocratise. On est dans le partage, et pas nécessairement dans un volume de follower, de likes ou de chiffres. C’est vraiment la qualité avant la quantité.

Le site de Zeu P sera en ligne en fin d’année 2019. En attendant, retrouvez la collaboration exclusive Maibujé X Zeu P
Zeu P propose également du mobilier vintage, des objets de décoration et des bijoux touaregs.

En attendant l'arrivée du site, rdv sur la page Instagram de Zeu P

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